Indicateur 4 : Évolution passée des sécheresses climatiques
Définition
Les sécheresses météorologiques résultent d’un manque de précipitations sur une période de plus en plus longue. De plus, elles sont favorisées par l’augmentation des températures, qui accroît l’évapotranspiration et renforce l’intensité des sécheresses. Par ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique tendent à accélérer l’évolution climatique, et à influencer les paramètres climatiques qui affectent les sécheresses.
L’étude de l’indicateur des sécheresses climatiques permet de suivre l’impact de l’évolution climatique passée sur le bassin et d’identifier les zones les plus sensibles grâce à sa mise à jour régulière.
Certains sous-indicateurs correspondent à ceux utilisés par :
1. Évolution de l’évapotranspiration
L’évapotranspiration correspond à l’émission des vapeurs d’eau dans l’atmosphère depuis la surface des sols, des milieux aquatiques et des végétaux, exprimée en millimètres (mm) cumulés par jour. Météo-France modélise quotidiennement les données d’évapotranspiration (ETP) depuis 1970, en tenant compte de paramètres influents tels que la température, les précipitations, le vent, etc.
L’objectif est de déterminer l’évolution de l’évapotranspiration interannuelle, sur les périodes annuelles et saisonnières, afin de suivre l’impact du changement climatique sur les sécheresses climatiques.
Les saisons sont définies sur 3 mois :
- pour l’hiver : mois de décembre de l’année n-1, mois de janvier et de février
- pour le printemps : mois de mars, avril et mai
- pour l’été : mois de juin, juillet et août
- pour l’automne : mois de septembre, octobre et novembre
Une période de référence de 30 ans (1991-2020) définit le climat de référence. En comparant les moyennes annuelles et saisonnières à cette période, il est possible d’évaluer l’évolution de ces indicateurs et de mesurer le changement climatique :
- Si l’écart à la normale est positif, l’évapotranspiration est plus élevée que la normale
- Si l’écart est négatif, alors l’évapotranspiration est plus basse que la normale
*Certaines tendances d’évolution sont statistiquement non significatives et sont présentées à titre indicatif
1.1. Évapotranspiration cumulée annuelle
La carte ci-dessous présente les tendances de l’évapotranspiration cumulée annuelle calculées pour chacune des stations, interpolées à l’échelle du bassin de la Charente. Elle donne les tendances en mm par an.
- Augmentation de l’évapotranspiration moyenne annuelle sur tout le bassin, de + 2,5 à + 5,5 mm par an.
- En aval du bassin, l’augmentation est plus forte, entre + 3 et + 5,5 mm par an.,
- En amont, l’évolution est moins marquée, de + 2,5 à + 4 mm par an.
L‘évapotranspiration tend à augmenter à l’échelle du bassin, avec une hausse plus marquée à l’ouest.

Exemple de la station de Cognac
L’exemple de la station météorologique de Cognac illustre l’évolution de l’évapotranspiration cumulée annuelle. Cette station, disposant de données sur l’évapotranspiration calculées par modélisation depuis 1970, permet d’observer une tendance sur deux périodes distinctes :
- Pour la période 1970-2024, l’évapotranspiration cumulée augmente en moyenne de + 4,23 mm par an.
- Pour la période plus récente, 1991-2024, l’augmentation est de + 6,42 mm par an.
Ainsi, à Cognac, sur 54 ans, l’évapotranspiration cumulée annuelle a augmenté de + 228 mm et sur 34 ans, cette augmentation est de + 218 mm.
En comparant ces données avec la normale climatique 1991-2020 (894 mm) :
- On observe que l’évapotranspiration annuelle a commencé à augmenter dès 1970, avec une accélération marquée au cours des 30 dernières années.
- Une moyenne glissante sur 10 ans montre qu’avant 2003, l’évapotranspiration variait autour de la normale, tandis qu’elle a augmenté de façon notable ces dernières années.

Les graphiques des tendances d’évolution de l’évapotranspiration cumulée annuelle des autres stations sont disponibles via les liens suivants:
1.2. Évapotranspiration cumulée saisonnière
La carte ci-dessous présente les tendances de l’évapotranspiration cumulée saisonnière calculées pour chacune des stations, interpolées à l’échelle du bassin de la Charente. Elle donne les tendances en mm par an.
- Pour toutes les saisons, l’évapotranspiration tend à augmenter, avec des variations allant de 0 à + 4 mm par an selon la saison.
- En hiver, l’évapotranspiration augmente modérément, de 0 à + 1 mm par an, notamment à l’ouest.
- Au printemps, l’augmentation est plus marquée, entre + 0,5 et + 2,5 mm par an.
- En été et en automne, les augmentations sont les plus importantes, variant entre + 1,5 et + 4 mm par an.
L’évapotranspiration saisonnière tend à augmenter à l’échelle du bassin, avec une hausse particulièrement marquée en été.

Exemple de la station de Cognac
L’exemple de la station météorologique de Cognac illustre l’évolution de l’évapotranspiration cumulée saisonnière. Grâce aux données modélisées depuis 1970, on observe une tendance annuelle sur la période 1970-2024 allant de + 0,34 à + 1,55 mm par an selon les saisons, et pour la période plus récente, 1991-2024, une augmentation entre + 0,76 et + 2,40 mm par an.
- À Cognac, sur 54 ans, l’ETP hivernale a augmenté de + 18 mm, tandis que pour le printemps, l’été et l’automne, les augmentations vont de + 54 à + 84 mm.
- Sur les 34 dernières années, l’ETP hivernale a augmenté de + 26 mm, de + 42 mm au printemps, + 81 mm en été, et + 69 mm en automne.
En comparant les données saisonnières de chaque année avec la normale climatique :
- En hiver, les valeurs d’évapotranspiration varient d’une année à l’autre. Toutefois, on observe une série d’années avec une évapotranspiration supérieure à la normale depuis 2015.
- Au printemps et en été, depuis 2010, les années avec une évapotranspiration cumulée supérieure à la normale sont de plus en plus fréquentes.
- En automne, l’évapotranspiration dépasse presque chaque année la normale depuis 2008.
L’indicateur d’évolution de l’évapotranspiration saisonnière montre que, sur les dix dernières années, celle-ci est globalement supérieure à la normale pour toutes les saisons.

Les graphiques des tendances d’évolution l’évapotranspiration cumulée par saison des autres stations sont disponibles via les liens suivants:
2. Évolution des sécheresses
L’évolution des sécheresses climatiques est déterminée en fonction de l’indice standardisé des précipitations (SPI), utilisant les données de précipitations et permettant de comparer les sécheresses entre elles. La même chose est réalisée avec l’indice standardisé des précipitations – l’évaporation (SPIE) calculé en fonction des données de précipitations moins celles de l’évaporation modélisée, donnant des informations sur les pluies efficaces.
L’objectif est de déterminer si l’intensité et la durée des sécheresses évoluent au fil des années afin de mieux comprendre l’impact du changement climatique.
*Certaines tendances d’évolution sont statistiquement non significatives et sont présentées à titre indicatif
2.1. Indice Standardisé des Précipitations (SPI_3)
Exemple de la station de Cognac
L’exemple de la station de Cognac illustre l’évolution des sécheresses en fonction des précipitations cumulées par saison sur un secteur localisé.
- Le calendrier ne montre pas d’évolution claire des périodes de sécheresse entre les saisons. Cependant, en comparant chaque saison d’une année à l’autre, on peut observer des tendances.
- Par exemple, au cours des 10 dernières années, l’automne est devenu fréquemment moins pluvieux que par le passé, tout comme le printemps.

Les graphiques des tendances d’évolution de l’indice standardisé des précipitations sur 3 mois des autres stations sont disponibles via les liens suivants:
2.2. Indice Standardisé des Précipitations et de l’Évapotranspiration (SPIE_3)
Exemple de la station de Cognac
L’exemple de la station de Cognac illustre l’évolution des sécheresses en fonction des pluies efficaces cumulées par saison sur un secteur localisé.
- Les pluies efficaces deviennent de plus en plus rares, notamment en hiver et surtout au printemps. La période estivale est également de plus en plus marquée par un manque de pluies efficaces.
- Lorsqu’un hiver est peu pluvieux et qu’il est suivi d’un été chaud, la sécheresse s’intensifie, comme cela a été le cas en 2022.

Les graphiques des tendances d’évolution de l’indice standardisé des précipitations moins l’évapotranspiration sur 3 mois des autres stations sont disponibles via les liens suivants:
Retrouver la fiche pédagogique de l’indicateur 4 ci-jointe :
